Quand on habite une ville, il est toujours intéressant et enrichissant de connaître quelques anecdotes historiques qui appartiennent à son passé.

Reflets d’une époque révolue, elles permettent de comprendre l’évolution d’une ville, son héritage culturel et social… et sont toujours intéressantes à raconter à un tiers, au détour d’une balade.

1] Lorsque Courbevoie a trouvé son nom

Courbevoie tient de son nom en latin « Curva via » soit « voie courbe ». Selon les historiens, la ville doit son nom au tracé antique de la route de Normandie qui s’infléchissait fortement et passait par le village qui est devenu par la suite la ville que nous connaissons aujourd’hui. La devise de Courbevoie, « Curva via mens recta » soit « voie courbe, esprit droit » fait d’ailleurs référence à cette inclinaison.

 

2] Lorsque Henri IV tomba dans la Seine

Etudes sur la ville et paroisse de Courbevoie, Abbé A Piquemal. Paris, Honoré Champion éditeur – 1908

Le 9 juin 1606, le roi Henri IV, accompagné de la reine Marie de Médicis, revint de sa résidence royale de Saint-Germain en Laye. Pour rejoindre Paris, il dût traverser Courbevoie et notamment la Seine qui séparait notre ville et la capitale. C’est alors qu’un drame arriva : en empruntant le bac traversant le fleuve, les chevaux du carrosse royal furent déséquilibrés et firent chavirer le véhicule du roi qui manqua de se noyer ! C’est ainsi qu’est né le Pont de Neuilly qui permis à Courbevoie de devenir un passage incontournable pour les voyageurs et transporteurs de marchandises de la capitale depuis l’Ouest.

3] Lorsque Courbevoie accueillit les JO de 1900

Aviron, natation, water-polo, Courbevoie accueillit la majeure partie des épreuves nautiques des Jeux Olympiques d’été de Paris en 1900. Les compétitions de natation, où concourent 183 nageurs, dont 66 étrangers, attirent près de 5000 spectateurs sur Courbevoie et Asnières. Entre Courbevoie et le Pont d’Asnières sur déroulent la finale du 4000 mètres nage libre.

4] Lorsque Courbevoie attire les grandes entreprises

Collection Claude Bourgeois / Yann Rossignol

Dès le début du XIXème siècle, des usines s’installent à Courbevoie, attirées par l’énergie hydraulique et les transports fluviaux assurés par la Seine, la proximité de Paris et les vastes terrains à prix compétitifs. Quelques marques emblématiques naissent à Courbevoie :

Solex : C’est à Courbevoie qu’a été fabriqué le célèbre cyclomoteur a été mis au point en 1940 dans l’usine située boulevard de Verdun.

Cadum : Qui ne connaît pas la célèbre marque de savon ? Peu de gens savent que ce produit phare de nos salles de bains est né à Courbevoie en 1912. Le poupon joufflu représentant la marque a été dessiné par le peintre Arsène Le Feuvre et deviendra une icône populaire.

Dior, Guerlain, Lubin : la parfumerie, la cosmétique et l’industrie du luxe ont également élu domicile à Courbevoie au tournant du XXème siècle. La parfumerie Lubin crée son usine de production boulevard de Verdun, Dior s’implante au 107 rue Armand Silvestre et Guerlain installe en 1894 ses ateliers dans le quartier de Bécon, rue Louis Ulbach.

5] Lorsque Courbevoie s’est retrouvée sous l’eau

Archives Ville de Courbevoie / A. Noyer

Janvier 1910. Courbevoie.

La Seine et ses affluents gonflent subitement, jusqu’à sortir de leur lit. Comme Paris, Courbevoie est sous les eaux. On circule en barque ou en radeau de fortune. C’est le débordement le plus important (8,50 mètres) depuis celui de 1658. La communication avec la rive droite est un temps coupée, la ville est paralysée. 574 maisons ont été inondées. Certaines habitations s’écroulent littéralement. La décrue qui survint un mois plus tard ne fit qu’annoncer le début du cauchemar : le nettoyage des rues. Il faudra quatre mois pour remettre la ville en état de marche.

6] Lorsque l’église Saint-Pierre-Saint-Paul vécut son pire Noël

Cet édifice, classé monument historique en 1971, est une l’une des rares églises à avoir été construite pendant la période révolutionnaire. Mais un soir de Noël 1788, la voûte finit par s’effondrer. C’est alors qu’intervint la construction d’un nouvel édifice plus grand, bâti selon les plans de l’architecte Louis Le Masson, élève de Claude-Nicolas Ledoux. La nouvelle version de l’Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul est née avec sa nef de forme elliptique et sa couverture bombée en zinc. L’édifice a été fortement remanié au XIXème siècle avec une nouvelle nef centrale, un nouveau chœur décoré de peintures religieuses et un clocher.

7] Lorsque le quartier de Bécon trouve son nom

Le nom du quartier de Bécon viendrait du mot anglais « beacon » qui signifie « fanal ». Mais qu’est ce qu’un fanal ? Il s’agit d’un phare vraisemblablement planté dans le parc de Bécon au Moyen Age pour aider à la navigation sur la Seine. Le quartier tient ainsi son nom de ce phare.

8] Lorsque la Caserne Charras s’exporte dans le parc de Bécon

Archives Ville de Courbevoie

Mais quelle est donc cette grande façade qui trône dans le Parc de Bécon ? Ce pan de mur qui s’élève aujourd’hui constitue l’avant-corps de la façade de l’ancienne Caserne Charras. Cette caserne militaire était destinée à accueillir les gardes suisses qui constituaient la protection personnelle du roi Louis XV. Très inspiré par l’architecture militaire de Vauban, l’ensemble, d’un grand classicisme, s’ordonne tel un immense quadrilatère destiné à l’entraînement des troupes. Vétuste, la caserne est rachetée par la mairie en 1961 puis déplacée dans le Parc de Bécon.

9] Lorsque Courbevoie constitue le berceau des stars

On ignore si c’est la proximité avec la capitale ou la qualité de vie qui les a séduits, mais un certain nombre de célébrités ont élu domicile à Courbevoie. Comptons tout d’abord Arletty qui est née en 1898 au 33 rue de Paris, ou le comédien Louis de Funès né en 1914 au 29 rue de Carnot dans un quartier alors populaire. Le comédien Michel Blanc voit également le jour à Courbevoie en 1952 un an avant Jean-Pierre Darroussin et 20 ans avant Philippe Candeloro.

10] Lorsque l’Inde s’invite à Courbevoie

Vous avez sûrement remarqué ce bâtiment insolite avec ses dômes dorés si caractéristiques trônant à proximité du Parc de Bécon. Il s’agit du Pavillon des Indes. Pour la petite histoire : ce magnifique pavillon est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1987. Le Pavillon a été créé à l’initiative du prince de Galles pour l’Exposition universelle de Paris en 1878. Il a été élevé sur le Champ-de-Mars, à Paris dans une galerie couverte. On le surnomme parfois le Taj Mahal de Courbevoie.