Les premiers jours de printemps sont arrivés et en ce beau dimanche ensoleillé de mars, la foule s’est déplacée en masse pour chiner à la brocante de l’avenue Marceau. Considéré comme l’un des plus fréquentés de Courbevoie, ce vide-grenier de printemps est l’occasion de faire les meilleures affaires, tant pour les vendeurs que pour les acheteurs.

Je déambule à travers les stands et plusieurs objets attirent mon attention. Tenté, je fouille dans mes poches à la recherche d’un peu de monnaie et trouve 20€.

Mon objectif : acquérir de beaux objets, utiles et avec un certain cachet. Ceci en respectant mon budget !

A la brocante, on travaille son sens de la négociation

C’est bien connu : la première règle lorsqu’on se rend à une brocante est de savoir négocier avec les vendeurs : un mélange savant de naturel, de camaraderie et d’esprit commercial.


Ce transistor orange me faisait de l’œil. J’ai dû déployer tous mes talents de négociateur pour acquérir cette radio qui, par son authenticité, ira à merveille dans ma cuisine.

Le vendeur, vêtu d’un blouson en cuir m’avait l’air d’être un parfait amateur de vintage. Je sympathise avec lui et m’apprend qu’il est collectionneur de vinyles. Au fil de la conversation sur les tubes des années 60 et sur la pureté du son analogique des 33 tours, je lui demande le prix de la radio.

Il m’annonce 10€. Je lui en propose 5€. Nous concluons sur 7€.
Je repars heureux de mon acquisition et lui, d’avoir vendu sa radio à un prix correct.

Conclusion : pour négocier, il faut savoir charmer le vendeur et diviser par 2 le prix demandé. Petit à petit, de concessions en compromis, un accord est rapidement trouvé !

A la brocante, on rencontre de nouvelles personnes

Parce que la brocante n’est pas uniquement une foire-fouilles à bonnes affaires, la manifestation est avant tout une manière de favoriser les rencontres entre vendeurs et acheteurs.


L’échange est d’autant plus intéressant lorsqu’on a affaire à des passionnés, tels que Pascal qui écume les vide-greniers et les débarras à la recherche d’objets en acier. Son stand est composé principalement d’articles métalliques en tout genre : carafe, matériel de navigation ou médicaux ( ?!). Il me décrit chacune de ses trouvailles avec un intérêt communicatif. Mais d’où vient cette fascination pour l’acier ? Parce que Pascal est un ancien tourneur fraiseur et qu’il adorait son métier…


Je m’attarde sur ce joli sifflet que je lui achète pour la modique somme de 2€.

Conclusion : la brocante est également l’occasion de faire de belles rencontres.

A la brocante, les objets possèdent un autre usage

Lorsqu’on chine, on examine les articles et on se projette sur la place qu’ils auraient dans notre intérieur.
Au cours de ces projections mentales, il arrive qu’un éclair de génie nous traverse et que nous parvenions à détourner l’usage initial d’un objet.

Cela a notamment été le cas avec ce très vieux jeu de l’oie, au charme authentique indéniable.


N’étant personnellement pas un fan absolu de ce jeu datant du XVIIème siècle, je trouve toutefois le plateau en spirale et son cadre en bois visuellement intéressants.

Je décide de l’acheter pour la modique somme de 1€ à cette vendeuse qui profite de cette brocante chaque année pour vider ses placards. « Je n’aime pas jeter. Si c’est en bon état, j’estime que l’objet a le droit à une seconde vie ».
Que sa volonté soit faite : ce jeu de l’oie sera accroché chez moi sur un mur et deviendra un joli tableau.

Conclusion : la brocante permet de trouver un usage inédit aux objets.

A la brocante,  un objet possède sa propre histoire

Par définition, un vide-grenier permet de vendre des objets dont on ne se sert plus mais qui ont déjà été utilisés. Des objets de seconde main, mais qui ne demandent qu’à vivre une nouvelle vie.

Ce fer à repasser ancien (qui me servira de presse-papier ; la technologie ayant évolué bien heureusement) possède une histoire particulière que me conte le vendeur :
« Il était une fois un maréchal-ferrant qui vivait dans le Loir et Cher. Un homme méprisant l’a mis au défi de fabriquer un fer à repasser, persuadé qu’il serait incapable de concevoir un tel objet. Marqué au fer rouge par un tel affront, le maréchal a dû réunir tout son courage et déployer toute sa technicité pour fabriquer l’objet tant convoité dans le but de faire taire son accusateur. S’il faut battre le fer quand il est chaud, la vengeance reste un plat qui se mange froid. »

Cet objet, acheté pour 5€ et purement décoratif ,restera à jamais le symbole d’une victoire et d’un dépassement de soi.

Conclusion : les objets ont chacun un passé. Lorsqu’on le connaît, ils prennent une dimension inestimable.

A la brocante, on peut faire de sacrées économies

La brocante reste avant tout un endroit où l’on peut acquérir des objets à petit prix ; parce qu’ils ont déjà été utilisés ou parce que le vendeur ne s’en sert plus.

J’ai notamment fait l’acquisition de cette imposante cocotte en fonte munie d’un panier vapeur pour la somme de 5€. Petite vérification sur internet, cette même cocotte coûte aux alentours de 18€.
Un petit coup au lave-vaisselle et c’est parti pour les plats mijotés et les poissons à la vapeur !

Conclusion : il est toujours utile d’avoir un smartphone sur soi pour vérifier le prix sur Internet et repérer les bonnes affaires…

Résultat des courses

  • La cocotte : 5€
  • Le sifflet en acier : 2€
  • Le jeu de l’oie : 1€
  • La radio : 7€
  • Le fer à repasser : 5€

= 20€ : marché conclu !

Une seconde vie pour les objets

Le sifflet en acier, qui pend à mon cou, me sert au travail pour annoncer les réunions. Cela amuse beaucoup les collègues et me donne un certain sentiment d’autorité. Le jeu de l’oie trône fièrement dans mon salon. Une fois verni, il fera un très beau tableau vintage et ludique.

La radio (qui fonctionne encore !) me sert à écouter les infos le matin en prenant mon café. Je suis assez satisfait de son charme authentique.

Le fer à repasser me sert de presse-papiers. Il trône à côté de mon écran d’ordinateur ; il m’arrive de penser au courage de ce fameux maréchal-ferrant et à son histoire lorsque je n’ai plus la motivation pour travailler.

Acquérir des objets qui ont une âme, à bon prix et leur donner une seconde vie : le plaisir de chiner est précieux, presque philosophique. Je n’hésiterai pas à me rendre dans l’une des autres brocantes programmées pendant l’année à Courbevoie.