Du mercredi au dimanche, ne se tiennent pas moins de quatre marchés dans Courbevoie. Des marchés qui proposent des produits frais, variés, artisanaux à des prix tout à fait accessibles, m’a-t-on dit. A l’heure où l’on se montre plus en plus vigilant sur ce qui peut se retrouver dans nos assiettes, je décide de faire un petit détour vers ces étales de fruits, de légumes, de viandes et de poissons dont l’origine et la production sont contrôlées avec soin.

Mais plus qu’une histoire de produits, les marchés sont aussi une question d’échanges, de contacts privilégiés avec des commerçants qui connaissent et affinent ce qu’ils vendent. Et c’est aussi l’histoire d’un apriori qui part en fumée : non, les produits proposés dans les marchés ne sont pas plus chers qu’ailleurs C’est également une question de lien social, entre habitants, amis ou voisins tous habitués à venir se ravitailler dans les quatre marchés de la ville.

Ces quatre marchés, situés à Charras, à Bécon, au Faubourg-de-l’Arche ou sur l’avenue Marceau, possèdent chacun leur spécificité, leur particularité qui amène chaque jour son lot d’habitués. Portraits et témoignages de ceux qui défendent un art de vivre et de consommer.

Bécon (Villebois-Mareuil), la convivialité avant tout

« Le marché, c’est comme une grande famille. Il y a un contact qui se crée entre les commerçants et le client » m’annonce d’emblée Sandrine Mollet, référente des marchés aux comestibles, que je croise dans le marché Villebois-Mareuil (Bécon), situé rue Armand Silvestre.

 

Le marché Villebois Mareuil est constitué de deux parties : en extérieur (habillement, équipement ménager, literie…) et en intérieur (alimentation).

Primeur, traiteur, poissonnier, boucher-tripier, boucherie chevaline, stand italien… comme tous les autres marchés, la Ville s’attache à la variété des stands proposés pendant la commission paritaire qui définit la répartition des commerçants.

Commerçants mais aussi clients s’attachent à préserver l’ambiance qui fait la réussite de ce marché situé en plein cœur du quartier de Bécon ; comme le confirme Cyril Collin, qui trône dans les lieux avec sa poissonnerie depuis 35 ans : « On développe une certaine convivialité avec les clients, voire même de l’affection. Les clients du quartier font preuve d’une grande gentillesse. ».

 

Cette même convivialité se poursuit jusqu’à la petite buvette installée au fond du marché dans laquelle Françoise, Jacqueline et Geneviève ont leur petites habitudes « Nous sommes voisines et amies.

Nous venons deux fois par semaine depuis 40 ans. Après nos courses, nous nous retrouvons pour 10h pour prendre un petit café et discuter ».

Louise, qui habite rue Hudri, vient également deux fois par semaine et confirme que « le marché de Bécon est un véritable lieu de vie ».

Quant à Dalila, la gérante de la buvette affirme fièrement que son établissement est « le cœur du marché de Bécon. Les clients ont gardé la tradition d’aller au marché et de se poser ici pour discuter ».

 

Charras, un marché populaire

Situé dans le centre commercial Charras, le marché aux comestibles pourrait subir la concurrence directe des grandes enseignes situés quelques mètres plus loin. Il n’en est rien : la qualité des produits et les prix accessibles restent le crédo des commerçants du marché.

« Ce n’est pas parce que c’est frais que nous allons voler le client » clame M. Gazier, maraîcher depuis 1971 au marché Charras. Possédant des champs sur les terres de Montesson (Yvelines), cette entreprise familiale depuis 1919 cultive, récolte et vend ses propres productions en suivant le rythme des saisons.

Les fruits et les légumes sont cueillis la veille (voire le matin-même pour les salades) garantissant une fraîcheur à toute épreuve pour les clients. Et le tout à un prix abordable, défiant les prix proposés défient toute concurrence.

Résultat : le week-end, les clients font la queue et s’arrachent les produits dès l’ouverture du stand.

 

Une même philosophie partagée par Vincent, poissonnier, qui a repris la Maison Sadoc depuis octobre 2016. « Je reste transparent sur la qualité des produits. Lorsque je propose du Label Rouge, j’affiche que c’est du Label Rouge. Et je propose régulièrement des promotions ».

 

Même exigence de qualité et d’accessibilité pour la clientèle dans la petite brasserie historique du marché, tenue par Bruno qui propose des plats issus des classiques de la gastronomie française : « on peut y commander le plat du jour, annoncé à l’avance. Les plats, mitonnés par le chef qui a 50 ans d’expérience, sont élaborés à partir de produits frais. Tout cela pour 11 euros ».

Marie Hélène, une habituée du marché Charras depuis 40 ans, quitte ses amis attablés à la brasserie pour venir nous confier qu’elle n’a peut-être pas beaucoup de moyens, mais que cela ne l’empêche pas de bien se nourrir en achetant ses produits ici. « Je connais tous les commerçants. Le primeur M. Gargaro goûte aux produits qu’il vend. Il a tous les fruits et légumes que je veux. Je retrouve la même qualité des produits que ceux vendus dans les marchés de Province ».

 

Faubourg-de-l’Arche, le plus proche de La Défense

Autre ambiance, mais pas moins convivial. Le Marché du Faubourg-de-l’Arche est situé avenue Léonard de Vinci à quelques mètres du bouillonnement du quartier d’affaire de La Défense.

Les vingtaines de stands installés sur l’avenue constituent un véritable bol d’air pour les salariés des tours qui viennent surtout au marché pour l’heure du déjeuner et faire leurs courses le soir, comme nous le confirme Julia qui tient son propre stand de volaille pour qui « le marché du Faubourg-de-l’Arche se fait en deux temps ».

La jeune artisan-volaillère propose des produits fermiers qu’elle élabore elle-même à des prix « alignés voire moins chers que chez la concurrence. Mon objectif : vendre moins cher mais plus ! ». Un certain standing proposé à une clientèle principalement composée de « jeunes actifs trentenaires ».

 

Vladimir, primeur au stand « Only Bio », nous confirme que les salariés de La Défense viennent quotidiennement leur acheter quelques fruits pour le dessert du midi. « Mais nous avons également les étudiants de l’université Leonard de Vinci qui viennent ici » précise-t-il.

La philosophie de ce primeur est sans détour : « Les produits bio sont accessibles » selon le primeur qui se fournit auprès des petits producteurs à Rungis.

Adrien vient depuis l’ouverture du marché se ravitailler une fois par semaine dans ce marché situé à quelques mètres de son domicile. Le jeune trentenaire vient pour la qualité des produits proposés à un prix raisonnable mais également pour le contact privilégié avec les commerçants avec qui « on rigole bien ».

Benjamin, quant à lui, n’habite pas à Courbevoie mais travaille dans le quartier d’affaire de La Défense. Le midi, il n’hésite pas à se rendre au stand antillais s’acheter son repas du déjeuner. « Mais parfois, le soir en sortant du travail, je fais mes courses ici pour le week-end parce que j’y trouve des produits frais, et c’est moins cher qu’à Paris… ».

 

Le Marché Marceau – un marché de proximité

Bien qu’il soit installé sur la prolongation de la très commerçante rue de Bezons, le Marché Marceau ne souffre pas de la concurrence des nombreuses boutiques situées quelques mètres plus loin. « Il s’agit d’un marché de proximité » nous affirme Nicolas et Benjamin qui tiennent un stand de poissonnerie. Les deux compères estiment que les clients « trouvent des produits que l’on ne retrouve pas plus loin ».

 

Même discours pour Evelyne, fromagère depuis 20 ans qui s’est installée depuis deux ans sur le marché Marceau : « C’est un marché près de chez eux, il y a une bonne ambiance avec les clients : ils sont chaleureux, fidèles et on perçoit bien leurs petites habitudes ».

Pour Laurent, père au foyer habitant à proximité de la gare de Courbevoie, le marché Marceau est son rendez-vous du week-end avec ses deux très jeunes enfants : « C’est une manière de montrer à mes filles qu’il est important de savoir bien s’alimenter, avec des produits frais ». Pour le jeune papa de 36 ans, le contact avec les commerçants est primordial puisqu’en « échangeant avec eux, on contrôle l’origine de nos produits ».