Dans le fond du Parc de Bécon trône une grande façade blanche. Si on en fait le tour, on remarque une autre façade en bois, teintée de touches dorées et de rouge. « Est-ce que c’est le même bâtiment ? » me demandais-je ? Je décide d’en avoir le cœur net en franchissant la porte d’entrée. Il s’agit du musée Roybet Fould, un établissement riche en histoire et en création.

« On ne se rend pas compte qu’il y a un musée ici » avoue Meryl, la jeune conférencière du musée. Le musée Roybet Fould rend hommage à l’oeuvre de plusieurs artistes :

  • Ferdinand Roybet, peintre et graveur du milieu du XIXème siècle
  • Consuelo Fould, peintre, élève de Ferdinand Roybet
  • L’artiste Mlle Georges Achille-Fould Stirbey, adoptée tout comme sa sœur Consuelo par le prince roumain Georges Stirbey.
  • Jean-Baptiste Carpeaux, sculpteur, peintre et dessinateur, mort à Courbevoie

Le bâtiment est composé de deux façades distinctes dont une en sapin et pin rouge de Norvège, a été construite à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878 à Paris.

Cette façade a été rachetée puis remontée par la famille Fould au milieu des années 1880 et a été accolée à une villa préexistante à laquelle on a ajouté, en dernier lieu, l’atelier de la peintre Consuelo Fould. On peut même voir la séparation nette entre les deux édifices !

Jolie vue du belvédère du jardin.

Je rentre dans la première pièce où trône la célèbre toile de Ferdinand Roybet, La Main chaude.

Cette œuvre spectaculaire est une composition majeure dans la carrière du peintre. Elle représente le jeu de la main chaude qui consiste pour la personne frappée à trouver l’identité de la personne qui frappe. Le tableau présente une savante construction s’articulant autour des mains des personnages et invite le regard à se déplacer entre les différents protagonistes pour désigner le coupable.

On peut également y apercevoir dans cette salle le portrait en marbre du prince Stirbey, buste réalisé par Gustave Haller, pseudonyme masculin de Valérie Simonin, la mère des sœurs Fould.

La pièce suivante montre une autre peinture de Ferdinand Roybet, Le Refus des impôts, dans lequel le style du peintre est clairement apparent. Elle évoque, de façon détournée, un sujet qui préoccupa la France entière : la mise en place de l’impôt sur le revenu, en 1909.

Quelques sculptures de Jean-Baptiste Carpeaux dont Le Triomphe de Flore, métaphore de l’insouciance de la jeunesse, montre le savoir-faire de Carpeaux en matière de sculpture décorative (aujourd’hui le groupe est visible sur un des façades du Louvre).

Le couloir présente un ensemble de portraits.

On peut notamment y croiser celui de Consuelo Fould par Ferdinand Roybet, alors mariée au Marquis de Grasse.On peut également y apercevoir l’autoportrait de Consuelo Fould, donnant l’impression d’un portrait pris sur le vif. La peinture utilise la technique du fond sombre mis en contraste par de ponctuelles touches colorées, techniques enseignées par Ferdinand Roybet.

Le Portrait d’Achille-Fould en japonaise par Léon Comerre, réalisé juste avant l’entrée de la jeune femme sur la scène artistique, en 1883.

La dernière partie du musée se consacre aux expositions temporaires. Celle-ci était consacrée aux Boîtes & Coffrets dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Je refais un tour du musée pour mieux observer l’exposition temporaire. Je n’hésiterai pas à revenir tout au long de l’année pour découvrir de nouvelles expositions et en savoir plus sur le travail de Ferdinand Roybet et des soeurs Fould.

 

Musée Roybet Fould

178 boulevard Saint-Denis (dans le parc de Bécon), 92400 Courbevoie.
Ouverture du mercredi au dimanche, hors jours fériés, de 10h30 à 18h.

– Visites guidées pour les groupes les jeudis et vendredis
– Ateliers pour les scolaires et individuels les mercredis et pendant les vacances scolaires
– Exposition « Un art de vivre à la française. Boites et coffrets dans la seconde moitié du XIXè siècle », jusqu’au 28 mai 2017

Pour plus de renseignements :

Tél : 01 71 05 77 92