Découvrir le patrimoine connu ou méconnu de Courbevoie en marchant, c’est ce que propose régulièrement le musée  Roybet Fould avec les parcours patrimoine. À chaque visite, les formats sont renouvelés pour que les petits comme les grands puissent découvrir la ville à leur rythme.
Rencontre avec Meryl Bouffil, animatrice du patrimoine au musée qui prépare et anime ces visites-parcours.

Bonjour Meryl, comment es-tu devenue spécialiste du patrimoine Courbevoisien ?

Après des études en histoire de l’art à l’université d’Aix-en-Provence, j’ai poursuivi mon cursus en médiation culturelle à l’École du Louvre afin d’obtenir la carte de guide-conférencière.
Je suis arrivée au musée Roybet Fould en 2014 pour animer les visites du musée et du Pavillon des Indes. J’ai ensuite entrepris des recherches sur le patrimoine de Courbevoie à la demande d’Emmanuelle Trief-Touchard, la directrice du musée. Les parcours patrimoine sont basés sur ces recherches.

Depuis quand le musée propose ce type de visites ?

Les premiers parcours ont été mis en place en 2016 à l’occasion des journées du patrimoine ou d’événements culturels.
Depuis 2018, la programmation est plus soutenue : une visite est proposée au moins une fois paPhotographie extraite de Etudes sur la ville et paroisse de Courbevoie : Pierre Hébert , premier curé de Courbevoie , guillotiné à Paris sous la Terreur, et ses successeurs / abbé A. Piquemal - 1908 - Auteur Piquemal , Auguste (1858-1937) - Gallica http://bit.ly/2xYsWjAr mois. L’année dernière, un cycle de parcours-patrimoine a été organisé sur l’architecture courbevoisienne en explorant les différents quartiers : Bécon, Cœur de ville et La Défense.
Pendant l’hiver, deux rencontres ont été proposées sur la thématique des vieux métiers des courbevoisiens : vignerons et métiers du linge et du textile. Pour cette seconde rencontre une conférence a eu lieu sur les blanchisseuses, chiffonniers et dentelières recensés dans la commune. Une artiste travaillant sur les empreintes de dentelles est ainsi venue au musée pour parler de son travail et du savoir-faire des dentelières.
J’organise aussi régulièrement un parcours patrimoine autour du cinéma qui plait beaucoup. Grâce au Curviabus, nous nous rendons sur les lieux de tournage et visionnons sur tablette des extraits des films qui y ont été tournés.

Quelles sont les particularités des parcours-patrimoine par rapport à une visite classique ?

Les parcours-patrimoine sont bien plus que des simples conférences. On se rend sur place. Ce sont des visites plus décontractées sur l’histoire de la commune qui utilisent des outils innovants et plus de visuels. On s’adresse à un public plus large.

Justement à quel public s’adressent ces parcours-patrimoine ?

Cela dépend de la thématique du parcours mais le but est toucher le maximum de public, de 7 à 99 ans !

Les enfants peuvent donc participer ?

Certains parcours sont dédiés aux familles. Pour le Printemps des artistes nous avons proposé un parcours sur les ateliers d’artistes en trottinette et ma collègue au musée, Laurence Duhamel-Mouhoubi, a réalisé un « parcours-croqué » dans le parc de Bécon qui permettait d’évoquer les artistes séjournant in situ ou inspirés par l’Île de la Jatte ou par le Parc de Bécon. Les enfants, et des dessinateurs plus confirmés, dessinaient en se basant sur les motifs créés par les artistes.

Comment s’inscrire à un parcours-patrimoine ? Et à quel tarif ?

Les inscriptions se font toujours à l’accueil du musée sur place ou au 01 71 05 77 92. Des forfaits sont disponibles pour assister à quatre parcours (soit 20 € en plein tarif et 12 € en tarif réduit*).
Le tarif pour un seul parcours est de 8 € (plein tarif) et de 5 € (tarif réduit*) ; les visites sont gratuites pour les enfants de moins de 12 ans.
* Tarif réduit : 12-25 ans, chômeurs, personnes en situation de handicap, associations œuvrant dans le champ social…

Quels sont les thèmes et les dates des prochains parcours ?

Samedi 1er juin : Découverte du patrimoine littéraire courbevoisien
Courbevoie a accueilli de nombreux écrivains et nombreux sont ceux qui ont été inspirés par la ville. Cette balade au cœur de Bécon-les-Bruyères vous propose de rencontrer des personnalités qui évoquent le quartier mais également d’autres sites de Courbevoie à travers des textes qui seront lus sur place puis dans le parc de Bécon.

• samedi 13 juillet : Courbevoie vue depuis l’Ile de la Jatte
Retour à la Belle époque où ouvriers, bourgeois et peintres se côtoient sur l’Ile de la Jatte pour de longs dimanches après-midi de promenades et de canotage. La création de jours chômés, dès 1906, ouvre une ère de loisirs et de promenade sur les berges de la Seine.


Parcours patrimoine en images : Le décor de la salle des mariages de Courbevoie

En 1787, toutes les paroisses de France sont invitées à se constituer en municipalité. Une première mairie s’installe dans une maison située face à l’église Saint-Pierre-Saint-Paul à la fin du XVIIIe siècle.
Dès 1829, un agrandissement du bâtiment est nécessaire. La population de Courbevoie passant dans la seconde partie du XIXe siècle de 5548 habitants en 1859 à 15 937 habitants en 1886, une nouvelle mairie est finalement réalisée par l’architecte du département de la Seine : Paul-Eugène Lequeux (1806-1873).
L’édifice est réalisé entre 1855 et 1859. Sa façade de style néoclassique est décorée de colonnes cannelées à chapiteaux doriques et d’un fronton avec des bas-reliefs représentant les allégories de la Loi et de la Justice.
Au fil du temps de nouveaux agrandissements vont avoir lieu et de nouveaux décors vont y être ajoutés. Alexandre Séon (1855-1914) remporte en 1885 le concours lancé par la ville de Courbevoie pour le décor de la salle des mariages. Il faudra cinq ans au peintre symboliste, élève et collaborateur de Puvis de Chavannes, pour réaliser le plafond de 250 m² représentant les quatre saisons, séparées par des architectures en trompe-l’œil, ainsi que huit panneaux verticaux.
L’objectif d’Alexandre Séon et de hisser les gens vers la beauté en représentant des sujets universaux qui restent intemporels.
Le nombre de services à la population grandissant ont nécessité la construction d’une nouvelle mairie qui sera ouverte en 1983. L’édifice de 1859, aujourd’hui classé monument historique, continue d’accueillir les mariages.