Dimanche 25 août, la Ville de Courbevoie célèbre le 75e anniversaire de sa libération.
Après quatre longues années d’occupation marquées par la terreur nazie, les privations et les bombardements, les Courbevoisiens retrouvent enfin la liberté.
Pour ne pas oublier, les monuments et les plaques commémoratives installés en ville apportent un témoignage sur les années noires de l’occupation et sur les combats de la Libération.

La libération de Courbevoie

Le 19 août, l’insurrection commence à Paris et dans la banlieue. Les informations concernant les combats qui se sont déroulés à Courbevoie sont fragmentaires. Le 21 août à 11h50, les allemands ouvrent le feu sur la foule massée devant la mairie. Le 24 août les troupes allemandes affluent dans la boucle de la Seine, près de 500 soldats à Courbevoie. Une fusillade violente se déroule aux alentours de La Défense.
Pour appuyer la résistance, les alliés lancent la 2e DB du général Leclerc et de la 4e division d’infanterie américaine vers Paris pour réduire les défenses allemandes. Le 25 août, Le général Leclerc obtient la capitulation de Von Choltitz, gouverneur militaire du « Grand Paris » (Groß Paris).
Courbevoie est désormais libre. Le 2 septembre, une nouvelle municipalité se met en place, ses membres constituent  « le comité local de libération ». Ce nouveau conseil doit assurer en priorité le ravitaillement et préparer le retour des déportés et prisonniers.

Les plaques commémoratives en souvenir des combattants de la Libération

La plaque fixée rue Joseph Rivière (à droite en descendant près du boulevard de Verdun) rend hommage à Guy Bourgognon, « tué à cette place le 9 août 1944 en combattant pour la Libération » (il semble qu’il y ait une erreur sur la date mentionnée par la plaque, plusieurs sources indiquent la date du 19 août). Guy Bourgognon est né à Saint-Germain-en-Laye le 5 novembre 1919. Il se marie à Irène Holmaert le 18 mars 1939 à Puteaux. Membre des F.F.I. (Forces françaises de l’intérieur), il combattait le 19 août quand il fut mortellement touché, par un tir de soldats allemands.

La plaque située au 2 rue Massenet honore André Alesi, F.F.I. tué le 28 août 1944 à 18 ans.

Au 55 rue Eugène Caron résidait Eugène Thouement. Membre actif de la résistance, il est tué, à 33 ans, le 22 septembre à Courbevoie. Trois de ses frères qui font partie du même réseau ont été arrêtés par les allemands. René est fusillé le 15 juin 1944 au stand Balard à Paris, André et Robert sont déportés le 3 août 1944 dans le dernier convoi parti de Rennes à destination du fort Harty de Belfort. Ils tentent de s’évader – Robert grièvement blessé se rend, croyant avoir la vie sauve – Les Allemands l’achèvent d’une balle – André est repris mais finalement libéré à Belfort.
D’autres Courbevoisiens sont morts pour la Libération en combattant dans les villes voisines ou en s’engageant dans l’armée française.

Robert Desaimard demeurait 27 rue de Rouen. Résistant F.F.I., il fut touché par des coups de feu lors des combats de la Libération dans le quartier Saint-Thomas-d’Aquin dans le XVe arrondissement de Paris. Transporté à l’hôpital Necker il y mourut le 27 août 1944 à l’âge de dix-sept ans.

Georges Ribordy habitait au 12 rue Barbès. Il était membre du groupe de combat de Courbevoie qui était surnommé Blizard II. Il est tué, à 18 ans, le 28 août lors des combats de la Libération de Saint-Prix dans le val d’Oise.

Le prix de la liberté

17 Courbevoisiens sont tombés au combat pour la Libération, leur nom figure sur les plaques commémoratives de rue et sur le monument en hommage aux Courbevoisiens FFI situé Place du 8 mai 1945.
18 courbevoisiens ont été fusillés, au Mont Valérien notamment, pour acte de résistance et 115 sont morts pour la France dans les camps de concentration. Le monument à la mémoire des courbevoisiens fusillés et morts en déportation du cimetière des Fauvelles, porte le nom, la date et le lieu du décès de chacun d’entre eux.

La position de Courbevoie (proximité de Paris, ponts et voies ferrées..) et la présence d’importantes usines réquisitionnées par l’occupant sont à l’origine des dramatiques bombardements des 15 septembre et 31 décembre 1943. Le bilan de ces bombardements est terrible : 203 personnes décédées, 239 blessés et plus de 2000 immeubles sinistrés.

Dans son ouvrage « Courbevoie dans la tourmente 1939 – 1945 », Jean-Louis Goglin précise que la population de Courbevoie au 1er septembre 1939 était estimée à environ 60000 habitants, le recensement de 1946 ne compte plus que 55080 Courbevoisiens.

Sources