Pour la quatrième année, les lycéens de Courbevoie vont voter pour choisir le prix du roman graphique qui sera remis par Monsieur le Maire lors du festival des mots libres en juin. La participation des lycéens ne se limite pas seulement à voter pour leur livre favori, ils vont aussi créer leur propre bande-dessinée.
Chacune des classes de seconde sélectionnées des lycées Lucie Aubrac, Paul Lapie, et Paul Painlevé doivent en réaliser une partie. Les élèves travaillent tous sur le thème des théories du complot.

Pour aborder ce thème épineux, une conférence a été organisée en novembre 2018 pour les lycéens élèves des trois lycées avec le journaliste de France Info, Julien Pain. Créateur de l’émission de radio L’Instant Détox et des Observateurs sur Frace24, ce professionnel de l’information était tout indiqué pour expliquer et décrypter la création des fake-news.

Courant février, un atelier était organisé dans chacune des classes de seconde avec deux jeunes artistes, dessinateurs de bande-dessinée : Alizée De Pin et Thomas Gosselin.

Alizée De Pin a accepté de répondre à quelques questions après avoir animé ces ateliers.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Alizée : Je viens des arts visuels, j’ai obtenu deux masters en art visuel et en design graphique. J’ai publié une dizaine d’ouvrages en autoédition et participé à différentes expositions. Mon travail est visible en ligne sur mon site : topcrevette.com.

Je suis aussi co-organisatrice du festival fanzine de Paris au mois de juin. Récemment, j’ai publié un article dans la revue « Topo« , la revue de l’actu dessinée pour les – de 20 ans. J’anime régulièrement des ateliers avec des enfants.

Comment se sont déroulés ces ateliers avec les lycéens courbevoisiens ?

Alizée : J’ai trouvé des jeunes qui avaient bien préparé leur sujet. Dans les trois classes, les élèves ont bénéficié d’un encadrement motivé et efficace. Notre rôle en tant qu’artiste était d’intervenir une fois que le story-board était fixé pour apporter des solutions et des conseils graphiques.
Les élèves savaient dans leur ensemble ce qu’ils voulaient raconter mais un brouillon ne suffit pas. Nous avons effectué le tour des groupes d’élèves afin de leur donner des références qui pouvaient les aider dans les problèmes d’écriture qu’ils rencontraient. Nous avons été très pointilleux sur la lisibilité.

Les lycéens ont-ils été réceptifs à la création d’un BD et à la thématique des théories du complot ?

Alizée : L’accueil des lycéens a été très sympa. Ils étaient engagés et le format BD leur a plu. C’était pour eux une nouveauté.
Chaque classe a traité le sujet différemment :
Au lycée Paul Lapie, encadrés par leur professeur d’anglais Jean-Pierre Gross, les élèves ont décrit des théories du complot et montrer leur absurdité. Ils ont évoqué par exemple le pizza gate ou le thème des illuminatis.
Au lycée Aubrac, sous la direction de Sophie Daviau-Pousset, qui est à l’origine de ce projet, les élèves ont souhaité démonter argument par argument les théories du complot.
Au lycée Paul Painlevé, les lycéens ont inventé de nouvelles théories avec l’aide de la documentaliste de l’établissement, Laura Friquet.

Vous avez été étonnée par le travail des lycéens ?

Alizée : Ils se sont tous vraiment impliqués dans le projet. Certains élèves ont révélé des compétences et un vrai talent pour le dessin. Je leur ai conseillé de continuer à dessiner et à cultiver ce talent.

Quelles suites vont être données à ces ateliers ?

Alizée : Les professeurs nous ont fait parvenir les planches originales de chaque classe. Nous allons les scanner et les mettre en page. La maquette sera ensuite confiée à un imprimeur pour éditer le recueil. Chaque lycéen aura son exemplaire.

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

Alizée : Ce furent de super rencontres. Je trouve que cela conforte les rapports entre élèves et enseignants. Les équipes enseignantes et les lycéens partageaient leur dynamisme et leur motivation pour ce projet.

Merci Alyzée, une dernière question, serez-vous présente au Festival des Mots Libres pour la remise du prix ?

Alizée : Bien sûr, on essaiera d’être là !


Rendez-vous les 14, 15 et 16 juin pour les 10 ans du Festival des Mots Libres au parc des Pléïades et dans d’autres lieux de la ville